La recherche au service du champ à l’assiette

Tout ici ressemble à une exploitation agricole classique. À une exception près : l’IFIP est une terre de recherche et développement. « Un trait d’union entre la recherche fondamentale et le terrain qui va de la fourche à la fourchette » réalisé avec le concours d’équipementiers français dont Asserva.

La station de Romillé en Ille-et-Vilaine est labellisée Digifermes. « Depuis quelques années, les évolutions en matière d’innovation technologique que ce soit en robotique, biotechnologies, numérique, intelligence artificielle, deviennent
un véritable enjeu au sein de notre filière. Techniques d’élevage, viandes et charcuteries, génétique, économie de la filière, l’IFIP accompagne les différentes activités porcines dans sa transformation digitale », explique Michel Marcon,
directeur de la R&D IFIP. Véritable incubateur de nouvelles technologies et de solutions numériques, la station expérimentale fait naître des innovations au bénéfice des animaux, des éleveurs et des consommateurs. « Nous développons et validons des outils d’alerte et de pilotage et nous évaluons économiquement ces innovations. Certaines aboutissent, d’autres non ».

ASSERVA A ACCEPTÉ DE TRAVAILLER SUR LE PROTOTYPE PENDANT TROIS ANS EN NOUS DONNANT UN ACCÈS TRÈS SOUPLE AUX DONNÉES INFORMATIQUES DES SOLUTIONS QU’ILS DÉVELOPPENT. ILS SONT TOUJOURS PARTANTS POUR TRAVAILLER SUR DES PROJETS INNOVANTS.

AUTOMATISMES DE PRÉCISION.
L’IFIP se dote donc, pour ses recherches, d’automates et de capteurs qu’elle développe avec le concours des équipementiers français. « Nous sommes ingénieurs en recherche agroalimentaire et en agriculture, pas des automaticiens ni des électroniciens. Il y a des entreprises qui ont ces compétences et auxquelles nous faisons appel pour nos projets ». En France, deux équipementiers sont en capacité de répondre aux besoins de la ferme expérimentale. « Asserva présente l’avantage de disposer d’un département recherche et développement et accepte de se lancer dans des expérimentations sans avoir la certitude que cela aboutisse et qu’ils puissent transformer le résultat commercialement ensuite ». L’histoire entre l’IFIP et Asserva commence en 2010. « Nous souhaitions un automate qui distribue avec précision l’alimentation des porcs. Asserva a accepté de travailler sur le prototype pendant trois ans en nous donnant un accès très souple aux données informatiques des solutions qu’ils développent. Ils sont toujours partants pour travailler sur des projets innovants ».

ANALYSES OBJECTIVES.
Les défis du moment : la détection précoce des pathologies avec une information individualisée de chaque animal, l’identification des traitements sanitaires pour une traçabilité individualisée des animaux mais aussi un projet de pompe à chaleur pour puiser les calories dans le lisier. Pour Dominique Cantin, directeur d’Asserva, le partenariat avec l’IFIP complète la Recherche et le Développement de son entreprise : « Même si ce n’est qu’expérimental, que tous les projets n’aboutissent pas, nous acquérons à chaque fois de nouvelles compétences qui sont utiles à un moment ou un autre dans notre métier et celui des éleveurs.
De plus, avec les équipes de l’IFIP, nous bénéficions d’analyses objectives et de données statistiques, un atout pour le développement de nos automates. Sans eux nous n’aurions pas ces opportunités ».