Au hochet et à l’oeil !

Éleveur – Jérémy Diais

Jeune trentenaire, Jéremy Diais est installé à Oudon en Loire Atlantique. Son élevage de 60 truies bio, il l’a imaginé avec de la technologie tant pour le bienêtre des animaux que pour préserver sa vie personnelle et ses cinq mandats professionnels. Rencontre avec un visionnaire.

Il n’est pas né dans le milieu agricole, Jérémy est devenu agriculteur par passion. Celle des animaux et de l’élevage. « C’est plein de métiers en un : gérer les animaux, la maintenance des installations, conduire des cultures, gérer l’administratif et faire du commerce ». Il opte pour le porc en raison de sa production très cyclée mais aussi « parce que les avancées technologiques assurent une simplification du travail et une évaluation rapide des résultats lorsque l’on fait des modifications ». Son projet d’installation a maturé longtemps. Il a imaginé une exploitation en bio avec 60 truies, deux verrats, une capacité à accueillir 200 porcelets, une autosuffisance en paille à 70 %, pas d’engrais chimiques ni produits phyto-sanitaires, une vente en direct à la ferme et des visites ouvertes au public. Côté bâtiment, le jeune homme avait dessiné un lieu novateur de 1000 m2 avec un système de tri automatique des animaux. « C’était ma façon d’envisager mon métier. Un pari ! Nombreux sont les éleveurs qui ne croient pas au tri des animaux. » Asserva l’accompagne dans son défi avec le Pig-insight. « J’ai rédigé le cahier des charges, inspiré d’un reportage sur la station IFIP. Ensemble, nous avons conçu un système qui répondait à mes attentes et à mon engagement bio. Avec le bureau d’études, j’ai fait évoluer le système, comme l’ajout de portes antirepoussoir. Il y a aujourd’hui de nouvelles étapes auxquelles je pense déjà ». Le Pig-insight est la première méthode prédictive et individuelle de détection des pathologies pour les porcelets. Pucé dès la naissance, chaque animal est suivi individuellement. Jérémy dispose d’un outil qui répond aux attentes sociétales de traçabilité et de démédication.

C’est un grand confort de travail pour moi et cela diminue le stress chez les animaux.

Un tri de départ en 30 minutes. Les cochons de Jéremy vivent dans deux cases qui offrent aux animaux une partie intérieure et une partie en plein air. Chaque porc bénéficie de 3 m2. Quand ils vont s’alimenter, le système Ordisat pèse, trie et distribue l’alimentation en fonction de l’animal. Chacun possède une puce qui transmet tous ces éléments à l’ordinateur. « Cela me permet d’adapter les doses d’aliments. Au fur et à mesure des bandes, j’ai un peu plus de recul pour améliorer le process. C’est un grand confort de travail pour moi et cela diminue le stress chez les animaux ». L’éleveur connecté garde tout de même un oeil sur le cheptel : « je les observe : leur oeil, leur port de tête, leur démarche, la façon dont ils se couchent… ». Et ici ça marche au doigt et au hochet : « pour qu’ils apprivoisent le parcours, je les dresse avec un hochet. Ça me prend 15 à 20 minutes mais au final je n’ai pas besoin de trier les cochons à la main le jour du départ. Une étape que je réalise en 30 minutes au lieu de 3 h ! C’est pareil quand je dois changer la paille, ils obéissent au hochet ». L’exploitation « sur mesure » de Jéremy est saluée par ses pairs pour ses performances : 82 % du taux de carcasse et moins de 3 % de refus. Il vend une dizaine de cochons par mois en direct sous la dénomination Le Cochon d’Où Don. Et le récent confinement a conforté cette activité : « je vends aux particuliers en colis mais aussi aux restaurateurs, aux magasins locaux et aux cantines scolaires. Le retour est très positif. Les clients apprécient la qualité de la viande, les restaurateurs et les cantines rapportent qu’il y a moins de déchets et les enfants sont rassasiés plus vite avec des portions plus petites ». De quoi oublier les 14 € au kilo !

Les équipements des cochons d’où don
– Pig-insight